Quand les cellules perdent du NAD⁺ : une nouvelle étude révèle une réponse surprenante, proche de celle provoquée par un virus

Une étude récente publiée dans Cellule vieillissante publiée en 2025 apporte un éclairage détaillé sur ce qui se passe lorsque les cellules sont privées de NAD+, l’une des molécules les plus essentielles de l’organisme pour la production d’énergie et la réparation cellulaire.

Les chercheurs ont découvert que quand les cellules perdent du NAD+, elles ne se contentent pas de ralentir : elles activent aussi un mécanisme de défense qui imite une infection virale, même s'il n'y a pas de virus.

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Comment les chercheurs ont étudié la perte de NAD⁺

Pour étudier ce processus, les scientifiques ont cultivé des fibroblastes, un type courant de cellules du tissu conjonctif, pendant 14 jours dans un milieu sans nicotinamide.

Qu'est-ce que la nicotinamide ?

La nicotinamide, aussi appelée NAM, est une forme de vitamine B3 que le corps utilise pour fabriquer du NAD+, une molécule essentielle qui participe à la production d'énergie et à la réparation des cellules.

Tout au long de l'expérience, ils ont mesuré :

  • Production d'énergie mitochondriale
  • Stress oxydatif et activité antioxydante
  • Expression génique liée à l'immunité
  • Modifications de la localisation de l'ADN mitochondrial (ADNmt) au sein de la cellule.

À lire aussi : Qu'est-ce que le NAD+ : une molécule essentielle pour la santé et la longévité

Objectif de l'étude

L'objectif était de comprendre comment les cellules s'adaptent — ou ne parviennent pas à s'adapter — en cas de carence chronique en NAD+. Les chercheurs souhaitaient observer comment la perte de cette molécule essentielle affectait la production d'énergie, la réponse au stress et la communication entre les mitochondries et le reste de la cellule.

Regardons de plus près ce qu’ils ont découvert lorsque les cellules ont commencé à manquer de NAD+.

Les cellules ont survécu — mais avec un minimum d'énergie

Après seulement deux jours sans nicotinamide, les taux de NAD+ des cellules sont tombés à moins de 5% de leur niveau normal. Pourtant, les cellules ne sont pas mortes : elles ont survécu et continué à se diviser, mais beaucoup plus lentement. Cela montre que les fibroblastes peuvent rester en vie avec un taux de NAD+ très faible, mais qu’ils perdent leur capacité à s’adapter et à produire de l’énergie efficacement.

Les mitochondries ont perdu leur souplesse

Les mitochondries — ces parties de la cellule qui produisent l’énergie — pouvaient encore générer un peu d’énergie, mais elles avaient perdu la capacité d’en produire plus quand la cellule en avait besoin. Autrement dit, leur “ réserve d’énergie ” était presque épuisée. Leur capacité supplémentaire et leur rendement maximal avaient fortement chuté. Lorsque la nicotinamide a été réintroduite, les mitochondries se sont rapidement rétablies, montrant ainsi que le NAD+ est essentiel au bon fonctionnement du système énergétique de la cellule.

Figure (i) : Le graphique montre comment les mitochondries des cellules perdent leur capacité à produire de l’énergie efficacement en l’absence de NAD⁺. Les points noirs (NAM) représentent des cellules normales disposant d’une quantité suffisante de NAD⁺ : elles peuvent augmenter leur production d’énergie lorsque cela est nécessaire. Les points orange (NAM Free) montrent que les cellules sans nicotinamide perdent cette souplesse et que leur production d'énergie chute fortement. Quand le NAM est réintroduit, les cellules retrouvent vite leur capacité énergétique. Cela montre que le NAD⁺ régule directement l'efficacité des mitochondries, (source).

Augmentation du stress oxydatif

Les cellules présentant un faible taux de NAD⁺ montraient des signes évidents de stress oxydatif — un état dans lequel les molécules nocives s'accumulent plus rapidement que la cellule ne peut les éliminer. Cela crée une tension interne et endommage peu à peu des composants cellulaires essentiels.

Les chercheurs ont constaté que les signes de détérioration s'accentuaient, tandis que le système de défense naturel des cellules s'affaiblissait. Normalement, les enzymes protectrices auraient dû s'activer davantage pour neutraliser le stress, mais dans ce cas précis, elles sont restées inactives.

En d'autres termes

Les cellules produisaient plus de molécules nocives qu’elles ne pouvaient en neutraliser. Leur “ équipe de nettoyage ” interne ne réagissait pas, ce qui les exposait davantage à l’usure — un processus étroitement lié au vieillissement et à la maladie.

L'ADN mitochondrial s'est échappé dans le cytoplasme

L'une des découvertes les plus frappantes a été que les mitochondries ont commencé à libérer leur propre ADN dans le cytoplasme environnant.

D'ordinaire, l'ADN mitochondrial reste bien à l'intérieur des mitochondries. Mais quand le niveau de NAD⁺ baisse, de petits fragments s'échappent dans la cellule. Celle-ci prend ça pour une infection et déclenche son système d'alarme interne — appelé Voie cGAS-STING.

Ce système réagit généralement aux virus en activant des gènes du système immunitaire qui produisent des molécules protectrices appelées interférons. Dans ce cas précis, cependant, aucun virus n'était présent. Les cellules réagissaient simplement à leur propre ADN qui s'était échappé, provoquant une réaction inflammatoire de type viral sans qu'il y ait d'infection réelle.

La voie cGAS-STING

Un système d'alarme intégré aux cellules qui détecte l'ADN étranger. Lorsqu'il est activé, il déclenche une réponse immunitaire visant à protéger l'organisme contre les virus — mais il peut également s'activer en cas de stress interne ou de lésions mitochondriales.

VDAC1 : la « porte » qui a laissé sortir l'ADN

La protéine VDAC1 se trouve dans la couche externe des mitochondries et agit comme une petite porte qui contrôle ce qui entre et sort. Quand les niveaux de NAD⁺ baissent, cette porte s'ouvre et laisse s'échapper de petits fragments d'ADN mitochondrial vers le reste de la cellule.
Lorsque les scientifiques ont bloqué ce mécanisme à l'aide d'un composé appelé VBIT-4, tant la fuite d'ADN que la réaction immunitaire ont cessé.

Cela montre que VDAC1 est le maillon clé entre un faible taux de NAD+, l'instabilité des mitochondries et l'inflammation.

La réaction pourrait être inversée

Lorsque les scientifiques ont rétabli les niveaux de NAD+ en ajoutant de la nicotinamide (NAM), du NMN ou du riboside de nicotinamide (NR), les cellules ont retrouvé leur équilibre. Les mitochondries se sont stabilisées, le stress oxydatif a diminué et l'activation immunitaire de type antiviral a disparu. Cet effet était entièrement réversible et dépendait directement de la disponibilité en NAD+.

Présentation générale

Remarque Effet
Faibles taux de NAD⁺A déclenché une réponse immunitaire de type viral, même sans infection
Protéine mitochondriale VDAC1A permis à l'ADN mitochondrial de s'infiltrer dans la cellule
Inhibition de la VDAC1 ou restauration du NAD⁺A permis de mettre fin à l'inflammation et de stabiliser le fonctionnement des cellules
Restauration du NAD+ (par le NAM, le NMN ou le NR)A permis d'éliminer tous les effets négatifs et de rétablir l'équilibre

Que signifient ces résultats ?

L'étude montre que quand le niveau de NAD+ baisse, les cellules ne se contentent pas de ralentir : elles déclenchent une fausse alerte. Les mitochondries laissent alors s'échapper de petits fragments d'ADN par une protéine de passage appelée VDAC1, ce qui fait croire à la cellule qu'elle est attaquée par un virus. Cela active une réponse immunitaire inutile. Quand les scientifiques ont soit rétabli le niveau de NAD+, soit bloqué cette protéine de passage, cette réaction a cessé et les cellules sont revenues à la normale.

Même si ces recherches ont été faites sur des cultures de cellules, elles apportent une explication possible à la baisse des taux de NAD+ liée à l'âge et à la façon dont ce phénomène pourrait contribuer à l'inflammation lente et chronique que l'on observe souvent dans les tissus qui vieillissent. Ces résultats montrent à quel point notre métabolisme énergétique, la stabilité des mitochondries et l'équilibre du système immunitaire sont étroitement liés.

Favoriser le NAD+ pour l'équilibre cellulaire

Quand Taux de NAD⁺ ont été rétablis, toutes les réactions nocives ont disparu — ce qui démontre à quel point un métabolisme sain du NAD⁺ est essentiel à la stabilité cellulaire. Les niveaux de NAD⁺ peuvent être maintenus grâce à l’alimentation, à l’activité physique et à des précurseurs tels que NMN ou NR, que l'organisme reconvertit en NAD⁺.

À la lumière de cette étude, le maintien des niveaux de NAD⁺ par le biais de compléments alimentaires intelligents Il ne s'agit pas seulement de booster ton énergie : il s'agit d'aider les cellules à rester résistantes, équilibrées et protégées à mesure que nous vieillissons.

À lire également : 7 précurseurs du NAD+ : ce qu'ils sont, comment ils agissent et lesquels semblent les plus efficaces

Avertissement

Ce blog repose uniquement sur les résultats scientifiques publiés dans Cellule vieillissante (2025). Purovitalis ne formule aucune allégation relative à ses produits ou à la santé en lien avec cette étude. L'objectif est de présenter les résultats de cette recherche de manière factuelle et accessible, afin que les lecteurs puissent tirer des enseignements directement des données scientifiques.

Références
  1. Chini CC, Camacho-Pereira E, Liu L, et al. Une déplétion cellulaire chronique en NAD active une réponse à l'interféron similaire à celle observée lors d'une infection virale, par le biais d'une fuite d'ADN mitochondrial. Cellule vieillissante. 2025 ; 24(9) : e135

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